Institut
de recherche et de débat sur la gouvernance (IRG)
L’Institut
de recherche et de débat sur la gouvernance (IRG)1
travaille à partir de la richesse analytique et la force
opératoire de la notion de gouvernance : elle permet
d’analyser les modalités d’exercice de l’action
publique dans une société donnée, la variété
et les stratégies des acteurs publics et privés
impliqués dans l’action publique, les processus
décisionnels et les modes de construction collective des
régulations. Le concept renvoie ainsi, pour l’IRG,
aux modes d’interactions et de dialogues État-sociétés
et à la capacité des institutions (publiques) à
favoriser des articulations constructives et porteuses de
l’intérêt général entre tous ces
acteurs Il y va d’une « fabrique du politique »
plus légitime : d’un continent à l’autre,
on constate un besoin croissant des citoyens à se
reconnaître dans la manière dont ils sont gouvernés
ainsi que dans les institutions et les normes qui les régissent
…. Au-delà des modèles et techniques
institutionnels la gouvernance met en évidence les
processus négociés d’institutionnalisation du
pouvoir.
Initiative
de la Fondation Charles Léopold Mayer2,
l’IRG s’efforce, depuis sa création en 2006,
d’offrir à des chercheurs, à des
professionnels des institutions publiques nationales et
internationales, à des organisations de la société
civile, un espace de débat où soient analysées
et discutées les expériences innovantes de
constructions de régulations, et où soient croisées
et fédérées des approches et des propositions
plus adaptés aux enjeux actuels, du local au mondial, d’une
gouvernance publique plus légitime.
Basée
à Paris mais multipliant les partenariats avec des
institutions, des universités, des organisations
asiatiques, africaines, européennes, nord et sud
américaines, l’équipe de l’IRG dispose
aussi d’un pôle à Bogota. Elle produit ou fait
produire de l’expertise et met en place des modules de
formation et anime des séminaires et ateliers d’étudiants
(à Sciences Po, à l’École Centrale de
Paris, à Columbia University à New York, à
l’université de Grenoble, dans plusieurs universités
latino-américaines...). L’IRG organise des séminaires
internationaux, alimente un site-ressources, et publie des livres
et des dossiers, ainsi qu’une revue, Les Chroniques
de la gouvernance3.
Sa démarche est à la fois interculturelle
(donner
à voir la diversité des postures et des propositions
géoculturelles et socioprofessionnelles en matière
de gouvernance), interdisciplinaire
(par le croisement des apports des sciences politiques, de
l’anthropologie, du droit, etc.) et interacteurs
(par la mise en lien de la diversité des acteurs mentionnés
plus haut, par l’articulation des différentes
échelles de gouvernance).
Les
activités de l’IRG sont actuellement organisées
autour de quatre programmes :
Le
programme « légitimité et enracinement
des pouvoirs » se concentre sur une série de
questions relatives aux liens entre les sociétés et
leurs gouvernants : la conformité d’un pouvoir à
un système constitutionnel suffit-elle à asseoir sa
légitimité et à l’assurer de la
confiance et de l’adhésion des citoyens ?
Quelles sont les sources de légitimité du pouvoir,
comment s’articulent-elles, comment prendre en compte la
pluralité des normes ( sociales, juridiques, coutumières,
religieuses, historiques, internationales) que l’on peut
constater dans bien des pays du monde ?Comment prendre en
compte cette pluralité des cultures et pratiques normatives
au niveau de la régulation publique ? Autour de ces
questions, dont certaines (surtout la dernière) sont
familières à plus d’un universitaire membre de
l’AUF, l’Institut organise notamment une série
de rencontres internationales, en Afrique, en Amérique
andine et bientôt dans d’autres régions, où
chercheurs, politiques, organisations sociales, autorités
traditionnelles, etc. confrontent leurs points de vue, élaborent
des propositions et construisent un contenu ensuite diffusé
sous forme de livres, dossiers et films.
Lié
de fait à ces derniers chantiers, le programme « Réforme
des institutions publiques » s’intéresse
aux processus de refondation de l’action publique à
l’œuvre dans le monde, et à la question de
l’adaptation des modes de gouvernance aux nouvelles échelles
de gouvernance infra et supranationales. Le programme vise
également à construire une vision globale et
critique des dispositifs de formation aux affaires publiques dans
le monde. L’IRG a ainsi mis en place avec quelques
partenaires un « observatoire international des
formations aux affaires publiques » qui recense,
analyse et met en question la manière dont les Etats et les
systèmes universitaires, aujourd’hui, préparent
leurs responsables publics.
Un
troisième programme concerne la coproduction du bien public
et les partenariats multi acteurs. Il cherche notamment à
analyser le rôle et les modes de participation des acteurs
non gouvernementaux (associations, ONG, syndicats, entreprises,
autorités locales, etc.) dans la définition des
politiques publiques : comment la contribution d’acteurs
non-étatiques à la fourniture de services d’intérêt
général leur permet-elle de peser sur les
politiques ? Comment ces acteurs s’inscrivent-ils dans
les agendas internationaux et dans les négociations ?
Autour de ces questions, et en plus des rencontres internationales
qu’il organise, l’IRG a créé avec
Sciences Po, la plateforme française des ONG Coordination
Sud, bientôt rejoints par l’AUF, un « Prix
de la diplomatie non gouvernementale » qui récompense
les meilleurs travaux universitaire de master illustrant des
stratégies innovantes de plaidoyer d’acteurs non
gouvernementaux sur la scène internationale.
Enfin,
dans un quatrième programme, l’IRG analyse les
mécanismes institutionnels d’évaluation de la
gouvernance et les outils élaborés par les
organisations de la société civile pour intervenir
dans les processus d’évaluation. Il confronte
notamment les expériences latino-américaines et
africaines (MAEP4),
et suscite des études et des publications sur ces thèmes.
L’IRG
est aujourd’hui principalement appuyé par la
Fondation Charles Léopold Mayer, le ministère
français des Affaires étrangères et
européennes, l’Agence française de
développement et la fondation américaine Ford. Il
développe ses activités avec de nombreux partenaires
dans le monde entier à travers des activités
d’expertises, de formation, d’ateliers d’étudiants,
de mise en place d’espaces de dialogue, d’études,
etc. L’Institut peut déjà de féliciter
de voir mises peu à peu les questions qu’il met en
débat à l’agenda de plusieurs organisations
internationales, de noter la croissance de la demande d’expertise
qui lui est faite et la progression rapide de consultation de son
site-ressources. Mais surtout, le débat provoqué et
la multiplication des partenariats constituent un exercice
d’apprentissage permanent pour l’IRG. De ce point de
vue, les échanges et le développement d’un
partenariat accru avec l’Agence universitaire de la
francophonie est déjà l’occasion pour lui
d’une riche ouverture, notamment avec les universités
africaines, nord américaines, asiatiques membres du réseau
AUF dans la valorisation et mise en questionnement des acteurs et
pensées francophones.
1
www.institut-gouvernance.org
2
www.fph.ch
3
téléchargeables, comme plusieurs des livres et
dossiers produits, sur le site de l’IRG et sur celui des
éditions Charles Léopold Mayer www.eclm.fr.
4
Mécanisme africain d’évaluation par les pairs.
Contact
Conférence
dédiée au lancement de deux ouvrages
le
28 septembre 2010, à partir de 16h30, à la
Médiathèque du Centre Culturel Français (22,
rue Bratianu, Cluj Napoca, Roumanie)
Sergiu
Mişcoiu, Naissance
de la nation en Europe. Théories classiques et
théorisations constructivistes (Paris,
L’Harmattan, 2010) Le livre sera présenté par
Chantal Delsol
Stephen
Launay, Chavez/Uribe
: deux voies pour l'Amérique Latine
?
(Paris,
Buchet/Chastel, 2010) Le livre sera présenté par
Sergiu Mişcoiu.
La
contribution des savoirs locaux (endogènes) à la
pensée éthique, politique et juridique contemporaine
Du
7 au 9 décembre 2010 à l’Université
catholique d’Afrique centrale,
Yaoundé, Cameroun
Ces
journées d’études sont organisées avec
le soutien de l'Agence universitaire de la francophonie par :
le Centre d’études politiques de l’Université
de Kinshasa(RDC), le Groupe de recherche Ethos de l'Université
du Québec à Rimouski (Canada) et le Centre d’études
et de recherche sur la justice sociale et politique de
l’Université catholique d’Afrique centrale
(Cameroun).
La
question des savoirs locaux a fait l’objet de beaucoup
d’attention, ces dernières années,
particulièrement dans les milieux scientifiques préoccupés
par l’agrobiodiversité à des fins de sécurité
alimentaire. Le diagnostic posé est à l’effet
que la vision mécaniste du monde, l’exclusion des
connaissances traditionnelles, le contrôle de la science et
sa marchandisation par les grandes entreprises privent l’humanité
des connaissances nécessaires pour affronter les crises
contemporaines et sapent la création de la connaissance
elle-même. Dans ce contexte, une approche moins
réductionniste de la connaissance et du vivant est requise.
Il faut également reconnaître l’importance de
la diversité et du pluralisme des systèmes de
connaissance pour le renforcement des systèmes de
connaissance et valoriser les connaissances des communautés.
Ces
connaissances dont il est question se limitent-elles aux domaines
de l’agriculture, du développement durable et de la
pharmacologie ou existe-t-il des connaissances propres aux
communautés capables aussi d’alimenter la réflexion
contemporaine sur les affaires humaines ? Les différentes
sociétés humaines ont dû, sans doute, chacune
à leur façon, trouver des manières de régler
les différends entre les personnes et entre les groupes, de
penser le rapport à l’autre et à la nature, de
penser la répartition des richesses et la sanction des
crimes, de concevoir le bien et le juste et de les inscrire dans
des pratiques ; bref, elles ont dû penser le juridique, le
politique et l’éthique. N'est-il pas devenu
nécessaire aujourd'hui de se pencher sur ces savoirs locaux
pour réfléchir à la manière dont ils
pourraient venir enrichir la pensée éthique,
politique et juridique contemporaine ? C’est à cette
question que seront consacrées les premières
journées d’études sur la contribution des
savoirs locaux à la pensée éthique, politique
et juridique contemporaine.
Quelle
responsabilité juridique pour les générations
futures ?
10-13
décembre 2010, Université de Poitiers / Université
Versailles St Quentin.
Ce
colloque est organisé sous le patronage de l'UNESCO,
Secteur sciences humaines et sociales. Il est soutenu
financièrement par le GIP Mission droit et justice. Avec le
soutien de l'Hedac (Haute école des avocats-conseils
de Versailles).
Résumé :
À ce jour, il n’existe pas de dispositif
constitutionnel ou légal permettant d’engager dès
à présent la responsabilité des générations
présentes devant un tribunal, en raison d’un dommage
causé aux générations futures. Il est vrai
que les générations futures regroupent des êtres
inexistants (pas encore nés), et donc sans droits
subjectifs face aux générations présentes.
Créer les conditions d’une responsabilité
effective à l’égard des générations
futures passe donc par une conception juridique et non plus
seulement morale des droits des générations futures.
En somme, il faut reconnaître des droits subjectifs à
des personnes à naître, opposables à des
personnes en vie. C’est l’objet du colloque :
interpréter le droit existant dans le sens d’une
prise en compte de droits subjectifs des générations
futures, ou à défaut imaginer un dispositif à
même de défendre les droits des générations
futures.
En
savoir plus
Revue
Genre, Sexualité et Société
Cette
revue électronique de sciences sociales intitulée
Genre, Sexualité et
Société
(GSS) est une revue francophone, interdisciplinaire, hébergée
par le portail revues.org et éditée par l'Iris. Elle
publie deux numéros annuels sur les questions de sexualité,
en libre accès intégral.
En
savoir plus
Scientia
Juris - Revue juridique de la Faculté de droit de Metz
La
revue Scientia
juris
est une revue électronique internationale de sciences
juridiques qui traite principalement de problèmes
juridiques transversaux en accordant une place importante aux
aspects comparés. Elle paraît chaque année en
décembre. Le thème principal de la rubrique dédiée
aux articles est rendu public par le biais d’un appel à
contributions. En tant qu’outil au service de la recherche
et de la réflexion d’un lectorat spécialisé
à travers le monde, Scientia
juris
offre une source gratuite de documentation scientifique de haut
niveau facilement accessible grâce à sa nature
électronique. Elle entend ainsi participer à la
multiplication en France des accès aux débats
juridiques étrangers et à la diffusion
internationale des études françaises de sciences
juridiques.
Un
appel
à contributions
est en cours sur le thème Droit
et frontières.
La date limite de l’envoi des propositions est fixée
au 30
septembre 2010.
En
savoir plus
Les
frontières dans tous leurs états - Les relations
internationales au défi de la mondialisation
Auteur
:
Pierre de Senarclens (sous la direction de)
Editeur :
Bruylant
Format : 360
pages, broché
Date
de parution : 12/2009
ISBN : 978-2-8027-2753-8
L’avancée
inégale, fragmentée et faiblement institutionnalisée
de la mondialisation, transforme les régimes de
souveraineté, en particulier les frontières
politiques et symboliques entre les Etats. Les gouvernements sont
confrontés à des contraintes socioéconomiques
transnationales et à des menaces écologiques
globales qui affectent l’orientation de leurs politiques
publiques et leurs capacités de régulation. On
assiste à une remise en cause des systèmes de
légitimité politique et culturelle, à des
recompositions dans les identités collectives qui se
manifestent notamment par la résurgence des
fondamentalismes religieux, des mouvements tribaux et claniques,
et par la montée de dynamiques ethnonationalistes. Ces
changements ne sont pas étrangers à l’essor de
guerres civiles, à l’augmentation significative des
flux migratoires et des mouvements de réfugiés. Dans
ces conditions, la forme et la signification des frontières
territoriales, politiques et socioculturelles se modifient, au
même titre que les conceptions de la sécurité
et la nature des espaces stratégiques. Il est donc
nécessaire de reprendre les débats sur les régimes
de souveraineté nationale et les représentations
imaginaires qu’ils mobilisent. Il convient aussi dans ce
contexte d’analyser les défaillances des mécanismes
de coopération intergouvernementale. Les frontières
sont devenues un enjeu essentiel de la mondialisation. En
approfondissant leurs dimensions politiques, symboliques et
conceptuelles, cet ouvrage collectif, qui mobilise différentes
perspectives disciplinaires, entend poser les bases d’une
réorientation de l’étude des relations
internationales.
Parcours
Interculturels. Être et devenir
Auteur
: Maia
MOREL (sous la direction de)
Editeur :
Éditions Peisaj, Montréal, Canada
Format :
303 pages, broché
Date
de parution : août 2010
ISBN : 978-2-9811987-0-9
Ce
volume collectif à contenu interculturel rassemble 25
textes de 28 auteurs différents représentant 14 pays
d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et
d’Asie. Les contributions sont majoritairement en français
mais également en espagnol, roumain ou anglais. Cette
publication a été inscrite par l’UNESCO dans
la liste des projets 2010 - Année Internationale du
rapprochement des cultures.
Le
sommaire peut être consulté sur le site
http://peisaj.drupalgardens.com/